Infanticide !

Publié le 17/10/2006 à 10:07

Par Oxymore

Humeur : Au secours !

Mardi 17 Octobre 2006. Ces jours-ci l’actualité a récemment retentit d’une histoire qui a surpris plus d’un… Il s’agit de ce couple de français qui a trouvé des cadavres de bébé dans son congélateur en Corée du sud.

A la fin de la semaine dernière toute la France a été consternée d’apprendre que la mère, Véronique Courjault aurait avoué avoir tué les deux bébés après avoir accouché toute seule et sans que son mari ni personne d’autre n’ait su/vu qu’elle était enceinte. De surcroît elle aurait avoué un troisième infanticide ayant eu lieu en 2001 en France où elle aurait brulé l’enfant dans la cheminée…

Ce qui est surprenant dans cette affaire, c’est bien le dégout et le choc psychologique qu’elle suscite en nous. Toutefois en même temps que fut communiquée cette actualité, j’étais en train de relire un livre de B. Cyrulnick : L’ensorcellement du monde. Cyrulnik est éthologue .

Qui plus est, les pages que j’étais en train de lire parlaient d’infanticide. Aussi sont-ce là, les faits dont je souhaite vous faire part :

Afin de faire simple, je vous citerai purement et simplement les propose de B. Cytunick

P60 : « Quand tout se passe bien, la mère mammifère mange le placenta qu’elle considère comme un bifteck, puisqu’il vient pour moitié du père et par moitié d’elle même, comme un corps presqu’étranger… Elle grignote le placenta jusqu’au cordon, ce qui libère le petit.Mais si un événement a troublé son développement quand elle était petite, si un accident l’a stressé pendant sa gestation ou si l’alentour n’est pas sécurisant… Elle peut alors ne pas s’arreter au cordon et le ronger avec rage. Parvenue au ventre de l’enfant… elle continue ! L’observateur humain nomme ce comportement « perversion », « folie animale » ou « maladie organique » selon sa propre idéologie…. »

P62 : « L’enfant sacré est une invention récente de l’Occident qui gagne lentement d’autres continents. Dans la Rome ancienne, l’infanticide n’était pas pensé puisqu’il était possible d’exposer son enfant, ce qui le condamnait à mort sans avoir à le détruire soi-même. Quand Néron a tué sa mère, mille nouveau-nés furent exposés le lendemain en signe de protestation politique, …

La notion d’infanticide, dans un tel contexte de représentation sociale, ne pouvait pas être pensée : on ne tue pas un excrément sexuel ! D’ailleurs, la toilette après les rapports sexuels avec la servznte (qui servait aussi à ça) était le rituel le plus moral de la sexualité romaine et toscane jusqu’au XVè siècle, où l’on pratiquait couramment l’élimination des filles, des bâtards, des albinos, d’un jumeau sue deux et des enfants des veuves.

Si le XIXè siècle a connu tant de procès pour infanticide, ce n’est pas parce qu’on tuait plus d’enfants, mais parce que notre culture commençait à criminaliser cet acte.

Quand le cannibalisme rituel des enfants a été pratiqué par les Esquimaux, les Océaniens et les Aztèques, ce n’est donc pas à cause d’un enchainement de perceptions troublées qui aurait amené les hommes à confondre les petits garçons avec un roti, c’est plutôt parce que les humains se soumettaient à un récit culturel qu’ils éprouvaient comme une évidence, au point de ressentir comme un crime le fait de ne pas tuer son enfant !
Les chimbus, en Nouvelle-Guinée, tuent le garçon premier-né et profitent de la montée de lait de la mère pour mettre au sein un chiot ou un porcelet…
»

P60 : « …et je pense que nous somme tous capables d’en faire autant. La guerre nous en fourni un exemple banal. Nous voyons l’ennemi comme une horreur évidente, alors qu’en fait nous éprouvons pour lui les représentations culturelles. C’est pourquoi nous pouvons huit à dix jeunes gens ennemis à la mitrailleuse, en éprouvant une sensation d’euphorie et de bien mais si nous personnalisons les relations en voyant les photos de leurs familles, nous éprouverons cet acte comme un acte insurmontable ».

Comme quoi même l’infanticide serait une question de représenation sociale. Ci-dessous un autre exemple d’infanticide (encore que…) suite à une représentation sociale : « 

Souad a 17 ans. Elle vit en Cisjordanie, dans la campagne. Dans son village, comme dans beaucoup d’autres, c’est déjà un crime de naître femme. Enfant, elle travaille à la maison et garde les moutons de son père. Pour un oui ou pour un non, elle est battue par père, frères, beau-frères, n’importe quel homme de la famille. Ce milieu hostile est le milieu dans lequel grandissent de nombreuses femmes. Pour s’échapper de ce « cocon » familial, une seule issue possible, le mariage. Arrivée à maturité, Souad est demandée en mariage. Son père refuse cette demande car Souad n’est pas l’aînée. Sa grande sœur n’est toujours pas mariée, et aucune autre fille ne le sera avant elle. Alors, Souad attend. Mais voilà, comme la plupart des jeunes filles de 17 ans, Souad tombe amoureuse, ce sera son autre crime.

Après quelques rendez-vous cachés avec son voisin Faiez s’en suit une promesse de mariage. La liberté pour cette jeune Cisjordanienne. Plus rien ne peut l’empêcher de succomber au plaisir de la chair : elle va se marier. Une union corporelle… et un enfant. Souad tombe enceinte. Elle ne reverra jamais Faiez. La famille est déshonorée par cette « charmuta ». Pour laver la famille du déshonneur, c’est le sang. Il faut tuer Souad, sinon, honte aux parents, et aucune autre sœur ne trouvera de mari. Après discussions « d’hommes », le beau-frère de la jeune femme est désigné pour accomplir la sentence. Mais c’est normal. Souad sait qu’elle va mourir car c’est une fille sale.

Un jour, pendant qu’elle lave le linge dans le jardin, elle sent un liquide coulé sur sa tête, son cou, ses épaules. L’essence versée du haut de sa tête s’enflamme. Le feu court sur son corps. Souad se recroqueville, elle sait qu’elle va mourir, comme tout devenir d’une « charmuta ». Son bourreau, coupable d’un crime d’honneur, ne sera pas jugé. Dans son pays, il est en droit. Pour nous, c’est un assassin.

Elle se réveille plus tard dans un hôpital. Elle souffre un martyr, veut se laisser mourir. Une bénévole de l’organisation « Terre des Hommes » va l’aider à s’en sortir, elle et le petit garçon qu’elle aura quand même mis au monde. Et Souad, brûlée vive par sa famille, va s’en sortir, à force d’amour, et de volonté. Aujourd’hui, Souad a reconstruit sa vie, ailleurs qu’en Cisjordanie. Elle est mariée, a deux petites filles et son garçon. Elle a écrit ce livre « Brûlée Vive » pour témoigner et pour dénoncer ces crimes d’honneur, crimes très répandus et fréquents, mais ignorés. Cependant, toutes ses démarches restent anonymes, ses témoignages se font à visage couvert, car sa famille serait encore plus déshonorée de savoir que Souad a survécu. A tout moment, elle pourrait subir un autre châtiment. »

Une autre forme de violence qui relève de l’infanticide, .. de la psychopathologie..? En tout cas c’est très, très dur de lire ce qui va suivre, ce n’est pas un roman et c’est très récent.

L’histoire de Dylan enfant martyr : « L’affaire a débuté le 3 octobre 2003 quand deux médecins sont appelés au domicile d’Adeline Marfe pour chercher le corps déjà froid de Dylan. Ils découvrent alors sur le corps de l’enfant de nombreuses traces de coups, morsures et brûlures de cigarettes. La thèse avancée par la mère selon laquelle Dylan est tombé d’un lit est alors écartée. Des excréments sont retrouvés dans la bouche de l’enfant, les murs et le radiateur de sa chambre sont maculés de sang. L’autopsie révélera que Dylan a dû succomber à plusieurs traumatismes d’une gravité extrême au niveau de l’abdomen et de la tête, et à une hémorragie du pancréas associée à de multiples traumatismes, notamment crâniens.

Pourquoi la mère, battue elle-même par son compagnon, n’a-t-elle rien entrepris pour mettre fin à ces violences ? Elle avait même retiré de l’école son enfant lorsque ses blessures devenaient trop voyantes. La Cour entendra un certain nombre de témoins, notamment les proches, voisins, personnels de l’école, du centre aéré et des services sociaux. Dylan, sur le corps duquel une soixantaine de bleus, brûlures de cigarettes, cicatrices et lésions d’âge différent ont été recensés, est mort, d’une hémorragie interne à la suite d’une fissure du pancréas aggravée par un traumatisme à la tête et une asphyxie par ingestion d’excréments. Son agonie aura duré plusieurs jours. Son beau-père, non seulement battait le petit garçon mais lui infligeait aussi des morsures et des brûlures. Il est également accusé de lui avoir fait passer des nuits entières nu, attaché à une chaise devant une fenêtre ouverte, ou de lui avoir fait manger des excréments.

En juillet 2003, Dylan et son grand frère fréquentent le centre aéré. Le personnel repère une brûlure sur le petit, un bleu sur le visage du grand, mais la direction ne croit pas devoir faire de signalement ( !) En août, Dylan accompagne son beau-père pour deux courts séjours à Vesoul : le petit garçon en revient avec des traces de coups. Mi-août, un praticien de SOS Médecins appelé pour une gastro-entérite voit l’enfant, l’examine, ne remarque rien. Mi-septembre, le médecin de famille, qui n’a pas vu Dylan depuis avril, constate qu’Adeline a été frappée. « C’est arrangé, lui dit-elle. C’était une bagarre avec une stagiaire. »

En septembre, le cauchemar s’intensifie. Le beau-père invente de terribles « corrections » pour l’enfant : douches glacées, nuits passées ficelé nu sur une chaise, obligation de manger les défécations du chien. A la fin du mois, Dylan ne va plus à l’école : il boîte, il est couvert de bleus, il est en état de malnutrition. Au cours de son calvaire, Dylan ne s’est jamais plaint. Quelques heures avant sa mort dans l’appartement familial, affaibli par une hémorragie lente et fatale du pancréas, assommé par les coups de Christophe Beugnot, il demandera à sa mère partant travailler de rester « encore un peu », avant de l’embrasser en lui disant « je t’aime »

Sa mère dit aujourd’hui qu’elle « n’a pas eu le courage ni la force… » « Je n’arrive pas à comprendre comment j’ai pu être amoureuse de quelqu’un comme ça », a-t-elle déclaré concernant son compagnon, Christophe Beugnot lequel avait déjà été condamné en 2002 par le tribunal pour enfants de Vesoul à six mois de prison, dont quatre avec sursis, pour des violences volontaires commises l’année précédente sur le bébé de seize mois d’une précédente compagne.

Son beau-père, âgé de seulement 19 ans, sans emploi, a dans un premier temps été interrogé sur les violences qu’il a fait subir à la mère tout au plus a-t-il reconnu lui avoir donné « une fois, une claque », précisant que les autres accusations étaient fausses. Or, selon ses ex-codétenus, il aurait avoué des maltraitances sur l’enfant et sa mère. Les trois ex-codétenus appelés à témoigner ont déclaré qu’il leur avait précisé au printemps 2004 n’avoir « aucun remord parce que ce n’était pas son enfant ». L’un d’entre eux a raconté que Christophe Beugnot aurait dit avoir donné des coups de poing à Dylan pour qu’il devienne « un homme ». Ils ont précisé avoir obtenu ces aveux une fois que Beugnot avait été « mis en confiance ».

Christophe Beugnot dément

Répondant à ces déclarations, ce dernier a affirmé mercredi que ce n’était « que mensonges », précisant : « si je l’avais fait, je l’aurais dit » Pour expliquer le sang de Dylan retrouvé sur ses vêtements, il a estimé que c’était arrivé « peut-être au moment où je l’ai soigné » (l’enfant présentait une blessure au front.) Au président, Jérôme Bensussan, qui lui demande pourquoi elle n’a pas quitté Beugnot à partir du moment où il a commencé à lui faire peur et à porter la main contre elle, Adeline Marfe tente d’expliquer : « Parce qu’il était menaçant. Il a beaucoup de force et il trouve toujours les mots pour se faire excuser par la suite, pour que ce soit lui en fait la victime »

« J’avais bien compris que si je n’allais pas dans son sens, il redevenait violent », a-t-elle précisé. « C’était un individu violent, voire sadique, envers les plus faibles », conclut l’un des experts. Pendant les interrogatoires, il est apparu « insolent, arrogant, menaçant » Il a d’ailleurs prévenu Adeline qu’il la tuerait si elle maintenait ses accusations contre lui.

Lors de l’instruction, elle n’a jamais réussi à expliquer pourquoi elle n’a rien fait pour protéger son enfant, ni pour alerter sa famille ou les autorités, ni pour lui faire prodiguer des soins qui auraient pu le sauver. Pourtant, dit-elle, elle s’est rendu compte que Dylan mourait à petit feu….

Le 31 mars 2006, Christophe Beugnot était condamné à perpétuité et la mère de Dylan à 17 ans de réclusion. »

Ps : je ne sais ce qui m’arrive aujourd’hui mais faire souffrir des enfants, ça m’a toujours choqué.

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