La folie !

Publié le 25/04/2007 à 08:10
Par Oxymore
Humeur : Au secours !

Depuis ce jour honteux, j’ai fuit monts et vaux pour perdre la folie, elle criait son nom !, m’envoyait ses formes dans mes mains stupéfaites, elle m’a pourchassé dans les nuages blancs, sous des eaux chaudes, derrière chaque vent froid et triste, j’avais beau la fuir, je sentais l’haleine tiède de son sourire sadique qui me léchait les mollets…

J’ai plongé dans des chairs brûlantes et humides pour m’y cacher, la folie m’a oublié alors je m’y suis vautré ainsi j’ai bu la vie, j’ai dévoré des f lots de pommes, j’ai dansé pour des mets somptueux, j’ai roulé sous des tables d’honneur,  j’ai chanté pour oublier la réalité, j’ai demandé à Dieu d’écoeurer la folie mais je me suis relevé accroupi et hébété. Alors j’ai guetté son départ vers d’autres horizons, j’ai attendu en embuscade qu’elle s’en aille à reculons…

Mais quand j’ai quitté les chairs chaudes, la réalité m’a rejoint, la honte m’a vomi dessus, des échardes de verre m’ont labouré l’estomac des souvenirs…

La réalité m’a injurié, elle m’a crié que mon amour n’était plus là, qu’infidèle, je l’avais détruite, j’ai voulu en rire mais… je me suis étouffé avec le souvenir de cette femme que j’avais aimé et… tué !
J’ai réclamé des indulgences, promis que j’irai embrasser l’anneau Papal.

Mais ma mémoire n’a pu l’avaler, ma honte n’a pu m’excuser. J’ai jetté à la mer ses souvenirs dans des sacs qui miaulaient mais le ressac les a éventrés et  il en a bondi des fauves qui m’ont dévoré…Alors j’ai appellé la folie pour qu’elle me sauve et qu’elle me prenne en pitié mais la réalité n’a pas cédé sa place.

J’ai fait des jeux avec la tête de la réalité et la folie s’en est amusée, elle m’a prêté son rire dément, je l’ai chaussé mais la réalité ne s’est pas excusée et elle m’a accusé, m’a dit qu’elle ne s’était pas faite toute seule, que c’est moi qui l’avait faite et que la folie était illégitime et que je devais la répudier…

Réalité :  femme fatale…,
folie :  maîtresse fantasque…,
toutes deux hirsutes fruits de mon esprit fragile mais sublimes amantes pour peu que l’on s’abandonne à leurs charmes… Impitoyables femelles l’une aux formes abondantes et légères et l’autre aux formes sèches et fermes. Incapables de s’entendre ni même de me partager. Et moi-même pantalonesque marionette articulée par le désir d’un bonheur schizophrène…

Je ne sais plus à laquelle je me suis abandonné !

Mais Elle était encore là, présente en mon esprit, son fantôme me hantait…

Alors j’ai invoqué les puissances maléfiques, j’ai décommandé le Dieu impuissant, j’ai ordonné aux flots d’emporter mes souvenirs de les noyer derrière l’horizon, je me suis baigné dans l’alcool pour pouvoir adorer l’oubli, j’ai brûlé des bougies et des encens pour étouffer ma mémoire, je me suis offert des bouquets de flammes pour brûler mes espoirs…
Je me suis vu chevauchant les éclairs, moquant les oiseaux en plein orage, le soleil avait disparu, il n’y avait plus que la nuit…

C’est alors que son image m’est apparue, belle et souriante, elle m’aimait encore…

Alors j’ai giclé ma pisse maudite dans les gueules des démons affamés et ils se sont consumés en hurlant.Et l’orage s’en est allé, et je suis tombé dans les bras de la réalité alors elle m’a regardé et j’ai pleuré.

Oxymore

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